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Convivialité, esprit d'entraide, et création d'un lien social entre tous les plaisanciers qui fréquentent le port de Vannes

mardi 24 septembre 2013

Des néophytes chez les voileux

Hélène et Miguel, chez qui nous passons la semaine, nous ont invités à participer avec eux au barbecue d’automne de leur association de voile.

À cette annonce une certaine appréhension nous a saisis. En effet comment allait se passer notre journée en immersion totale au milieu d’une tribu au langage bizarre, voire incompréhensible ? 
Cet univers de « bouts » (prononcer boutes), de drisses, de hale-bas, de foc, de génois (pour moi ça évoque plutôt un feu d’artifice), où l’on parle de tribord et bâbord au lieu de dire tout simplement droite et gauche.
Ce monde où l’on choque, on ferle, on abat sans que ça ait un quelconque rapport avec le sens que le commun des mortels donne à ces mots.
La nuit précédente a donc été assez agitée, on s’est tourné et retourné en redoutant le pire, peut-être allait-on se retrouver complétement isolés, obligés de trouver un interprète pour obtenir un quignon de pain ou un verre d’eau.
Finalement tout s’est formidablement bien passé.
Le temps tout d’abord : un temps de curé, avis de grand beau, soleil, visibilité dégagée et pas un poil de vent. On est donc parti au moteur (dommage), un peu poireauté pour le passage du pont tournant et on s’est enfilé dans le chenal.
À l’arrivée au mouillage d’Er Gored, on a réussi à attraper l’anneau d’une bouée sans faire trop de gaffes (encore un terme de voileux qui désigne pour eux un crochet au bout d’une perche).
Le gonflage de l’annexe fut une autre affaire, il a fallu s’y mettre à plusieurs pour arriver à gonfler la bête qui se débattait. Pour lui montrer qu’on était les plus forts on l’a finalement jetée à l’eau.
Tout a été transporté à terre en seulement deux voyages, dont l’un avec la précieuse bouteille de gaz pour le barbecue.
À terre on était attendus, il y avait des tables, des cubitainers de vin et tout ce qu’il faut pour un copieux apéritif.
Finalement les voileux se sont montrés polyglottes : à notre grand étonnement ils maîtrisent tous(tes) le français. Quel soulagement, ça facilitait les choses pour discuter.
Il y avait 25 adultes, 1 petite fille et 1 chien, le tout dans huit bateaux. Heureusement Maryvonne Fournier avait bien fait les choses en appliquant l’adage breton bien connu : « il vaut mieux faire envie que pitié ».
Non seulement il y en avait beaucoup, et en plus c’était délicieux. Les salades et la terrine étaient succulentes.
L’association inaugurait son nouveau barbecue à gaz. Après quelques hoquets pour la mise en route, il a fonctionné à merveille. Quand son couvercle est fermé sa chaleur est comparable à celle d’un four à chaleur tournante. Résultat : les merguez et les saucisses étaient cuits à point sans être carbonisés. Très judicieuse acquisition !

Où sont les "néophytes", où sont les "voileux" ?

Pour digérer, certains ont suivi Miguel dans sa pêche aux couteaux qu’il utilise comme appâts pour la pêche. Ç’a ma fait penser à ma grand-mère qui expliquait, quand j’étais enfant, que pour attraper un oiseau il suffisait de lui mettre du sel sur la queue. Miguel a pris la salière et quand il repère l’orifice caractéristique de la planque d’un couteau, il saupoudre un peu de sel. On aperçoit alors quelques bulles et l’animal pointe son nez pour voir l’importun qui ose troubler son repos. Rapide comme l’éclair, Miguel le saisit alors à bras-le-corps et tire vigoureusement pour le capturer avant qu’il ne retourne dans son antre. Vu le nombre de couteaux pris dans l’après-midi, la prochaine pêche sera bonne.
Retour au port sans encombre.

Au bout du compte une très bonne journée, merci l’APPV.

Bernadette et Christian, les néophytes de service

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