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Convivialité, esprit d'entraide, et création d'un lien social entre tous les plaisanciers qui fréquentent le port de Vannes

jeudi 12 juillet 2018

Les péripéties galiciennes du « TARAMEA »


Hiver2017/2018, moment propice où, au coin du feu,  nous décidons la plupart  de notre programme de croisière d’été. 
Cette année, Madame s’est allégée de contraintes vannetaises et serait disponible en juin. Le rêve de descendre le bateau en Espagne peut donc se concrétiser. De plus un diner avec Gaby et Gildas nous confirme que les rias entre Vigo et la Corogne sont un coin superbe. Décision est donc prise, le TARAMEA va se positionner sur les cotes Galiciennes en juin 2018 d’autant que de nombreux ports bénéficient du passeport escale.

Un équipage de 3 personnes est constitué et compte tenu des contraintes des uns et des autres, un départ est programmé pour mi mai. Les fichiers Grib prévoient une fenêtre météo de 3 jours entre 2 dépressions. Départ  donc le 11 mai à 04h. La veille l’équipage (composé de 3 marins aguerris) se partage un couscous ! 
Quelques heures plus tard, premiers incidents à quelques minutes d’intervalle, l’équipage se « vide » par le haut et par le bas ! Diagnostic immédiat, intoxication alimentaire, merci le couscous ! Conclusion : 2 nuits et 1 journée sans pouvoir avaler quoique ce soit. Puis la dépression annoncée  s’avance et nous rend les derniers milles bien difficiles, 36 à 42 nœuds de vent sur le nez, décision est prise de faire cap sur Gijon que nous atteignons le soir du 3 ème jour bien fatigués.  A noter : Gijon escale sympathique (en pleine ville où nous sommes très bien accueillis en Capitainerie.

Ensuite, route vers la Corogne via Luarca et Viveiro sans difficulté car vents portants. Arrivée à La Corogne sous un beau soleil galicien. L’équipage ayant fait son travail  remonte à Vannes en laissant TARAMEA au port de la Corogne. A noter les 2 ports de la Corogne ont beaucoup de ressac mais  la Capitainerie nous déniche un coin très protégé dans le fond du port près du club house !
Coté pratique, il y a 1 bus direct (un seul par jour) La Corogne aéroport de Porto (5h 30  de bus) où il  y a des vols quotidiens pour Nantes.

Retour début Juin de Sylvie et son skipper pour récupérer TARAMEA et le descendre dans les rias galiciennes.  Arrivée à Porto (vol de Lorient direct) sous une pluie torrentielle  qui ne nous a pas quitté pendant 5 jours ! 
La descente le long de la «cote de la mort » sous la pluie et le vent, pas extra mais un arrêt conseillé, Muxia.  Ensuite passé Finisterre, soleil et escales magnifiques, Muros, Porto novo, Cambarrero, Moana,Vigo… Nous en profitons pleinement puis Sylvie me quitte pour Vannes et est remplacée par un ami qui doit faire la remontée du Golfe avec moi. Nous décidons un départ de Gijon. La remontée  Vigo- Gijon est difficile car les vents dominants sont NE.

Deuxième incident majeur, notre Antenne GPS  tombe en panne,  donc pas de possibilité d’utiliser notre  traceur de cartes (raychart 435) et pas de possibilité non plus  d’utiliser la VHF fixe car reliée au GPS, par contre le radar lui fonctionnait ! Comme nous possédons une tablette avec un logiciel performant (Plan de Nav)  nous décidons de l’utiliser en replacement de notre traceur.

Arrivé à Gijon, nous tombons sur un pavillon APPV,  Gilles Rialland qui vient d’arriver et qui s’est dérouté suite à du mauvais temps dans le Golfe. !
Attiré par les recommandations  de Miguel et Gilles, nous modifions légèrement notre programme en décidant de visiter Ribadesella puis de faire la traversée à partir de Santander.

Troisième incident, Le 29 juin 2018, nous quittons le port de Ribadesella  (Asturies) à 06h00, heure locale, pour notre prochaine destination Santander.
Des que nous avons atteint la ligne de fond des 50 mètres, nous avons mis le cap au 090, par mer très calme, sans vent, au moteur, à 6 nœuds environ.
Vers 09h00, nous avons entendu et ressenti un choc et le moteur s’est bloqué.  Après vérifications qu’il n y avait aucune avarie de coque, nous avons constaté l’impossibilité de refaire démarrer le moteur et nous avons constaté de visu qu’il y avait une énorme « bâche » enroulée autour du self drive et donc de l’hélice. Nous avions à ce moment 60 mètres de fond.
Statistiquement, nous avions une chance sur 1 000 000 de rencontrer un tel obstacle, mais TARAMEA est un chanceux !
Au moment du « choc », nous étions à environ 2 miles de la côte. A l’issue des vérifications, nous avons constaté une dérive relativement importante vers la cote (très rocheuse à cet endroit) due au courant de marée. Le vent était nul, et  2  bateaux. en vue. Après avoir tiré 3 fusées, aucun bateau n’a fait mouvement et nous continuions à dériver vers les rochers. Aucune réponse non plus à nos appels sur VHF portable.
 Nous décidons alors d’appeler le CROSS d’ETEL qui se charge alors d’appeler  la SASEMAR (équivalent du CROOS espagnol). Celui-ci rentre en relation avec nous à travers un pécheur dans le voisinage.

La station de sauvetage la plus proche était celle de LLANES, celle-ci alors  nous prends en charge et et nous remorque jusqu’au port de LLANES.
Sur place, il n y avait pas d’équipement pour assurer une sortie du bateau, nous avons donc fait appel à un plongeur pour débarrasser l’hélice et le self drive de la « bâche ». Ce travail fait nous avons pu redémarrer le moteur et constater que l’hélice fonctionnait.
Nous avons donc repris notre route vers Santander pour pouvoir revenir en France dès qu’une fenêtre météo le permettrait. Bien sur il  sera nécessaire  de monter le bateau hors de l’eau  à notre retour en France pour vérifier l’état du Self drive et de l’hélice.

Profitant d’une fenêtre météo favorable nous remontons vers Vannes via l’ile d Yeu et sommes heureux de rejoindre notre place à Vannes où nous arrivons le 9 juillet.

Conclusions de ces incidents :
- Les organismes  de sauvetage (CROSS et SASEMAR) ont été très compétents et ont réagi avec célérité.
- La traversée du Golfe  de Gasconne  nécessite des marins aguerris et de posséder le matériel de securité  indispensable ainsi que du matériel de navigation en double (nous avions 2 logiciels de navigation et 2 VHF).
- il est aussi nécessaire d’avoir une bonne assurance, la mienne prend en charge les frais de remorquage  ainsi que les réparations éventuelles.

Pour finir la Galice est une destination très agréable ou les ports sont très accueillants et bien équipés et nous ne regrettons pas notre croisière !

Etienne DUPONT

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